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French Section (12 Nov 2013 NewAgeIslam.Com)


Les Notions de Supériorité Masculine, de Domination et le Fait de Battre son Epouse Sont de Nos Jours Anti-Islamiques

 

 

De Muhammad Yunus, New Age Islam

Octobre 26, 2011

 (Co-Auteur), Message Essentiel de l'Islam, Amana Publications, USA, 2009.

Le titre peut choquer la plupart des hommes musulmans qui croient que Dieu les a élevés à un rang supérieur à celui des femmes et leur a donné le droit de battre leur femme « rebelle » ou « désobéissante ». Toute traduction du Coran en ourdou, hindi, anglais ou toute autre langue, des versets 4:34 et 2:229 confirmera ces points. Toutefois, les traductions traditionnelles se fondent sur les travaux de tafsir des commentateurs originels (mufassirin). Ces travaux pionniers ont été produits à une époque (troisième siècle après la naissance de l’Islam) où le patriarcat oppressif caractérisait toutes les grandes civilisations [1] et avait des répercussions sur l'Islam puisque ce dernier partageait des frontières avec ces civilisations à travers les conversions. Cela toucha donc inévitablement les savants de l'époque. Au cours des siècles suivants, les légendes, puisque interprétées avec circonspection par les mufassirin initiaux, offrirent une bien meilleure position aux femmes musulmanes qu'à leurs homologues dans d'autres civilisations et il n'était pas nécessaire de les contrôler de quelque manière que ce soit. Cependant, avec la responsabilisation des femmes plus récemment, ces notions en lien avec d'autres versets ayant trait au sexe, apparaissent comme des préjugés sexistes et appellent à une nouvelle lecture. En outre, « les premiers commentateurs ont présenté plusieurs arguments en option lors de l'interprétation des versets essentiels du Coran. Les interprètes ultérieurs ont souvent choisi le plus faible de ces arguments. Ainsi, plus tard, seuls les tafsir ont gagné en popularité en termes d'éducation et d'adoption, alors qu'ils n'avaient pas la beauté de ceux préconisés par les anciens » [2]. Ceci suggère que les chercheurs de l'Islam eux-même admettent la nécessité d'une nouvelle lecture du Coran. Puisqu'aucun savant ne peut prétendre à une quelconque autorité pour annuler les travaux des premiers mufassirin, la seule façon de réinterpréter les versets critiques du Coran en matière de sexe ou autre sujet sensible est d'expliquer les versets donnés en utilisant la diction et les illustrations du Coran et en renvoyant à des versets issus de thèmes communs et de textes coraniques, en d'autres termes, expliquer le Coran principalement à travers le Coran  - la méthodologie connue pour être la meilleure source de tafsir [3].

Une publication récente [4] qui adopte cette méthodologie interprète les versets cités comme suit :

4:34.

« Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu'Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu'ils font de leurs biens. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris), et protègent ce qui doit être protégé, pendant l'absence de leurs époux, avec la protection d'Allah. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d'elles dans leurs lits et frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est certes, Haut et Grand!». (4:34)

La plupart des commentateurs ont interprété ce verset d'une manière qui i) admet le rôle supérieur et le commandant de l'homme, et le rôle inférieur et subordonné de la femme dans le mariage et qui ii) autorise un homme à battre sa femme égarée ou désobéissante. Ils interprètent les phrases et les mots importants du verset selon les lignes traditionnelles suivantes :

Qawwamah équivaut à « responsables » (Marmaduke Pikthall), « protecteurs et conservateurs » (Yusuf Ali).  

Ba'dahum 'ala ba'din comme une comparaison préférentielle - Dieu accordant une plus grande faveur aux hommes qu'aux femmes.

Qania'tun comme l'obéissance (au mari).

Nushuz comme la déloyauté et le mauvais comportement.

Wadribu comme le fait de battre (les épouses).

Ainsi, l'interprétation de ce verset par Abdullah Yusuf Ali [5], qui est typique des œuvres traditionnelles, se lit comme suit :

« Les hommes sont les protecteurs et conservateurs des femmes, parce que Dieu à donné aux uns plus de force qu'aux autres, et parce qu'ils les soutiennent avec leurs moyens. En revanche, les femmes de droiture sont obéissantes et dévouées, elles sont les gardiennes en l'absence de leur mari par rapport à ce qui leur a été confié par Dieu. En ce qui concerne les femmes dont on craint la déloyauté ou la mauvaise conduite, réprimandez les, refusez de partager leur lit et affirmez vous vis-à-vis d'elles mais si elles redeviennent obéissantes, ne cherchez pas à les déranger. Dieu est Grand, Dieu est Sublime ». (4:34)

L'interprétation nouvelle ci-dessus n'encourage pas la supériorité du mari, la subordination de la femme, ou le fait d'être battue par son mari peu importe la cause, et se fonde sur l'interprétation des termes et expressions essentielles des illustrations coraniques, détail qui peut être vu dans la publication référencée [4], et que l'on évite dans cet essai en raison de sa nature technique et volumineuse.

Illustrations coraniques additionnelles réfutant les notions sous-titrées.

i) le verset 4:35 suivant immédiatement le verset 4:34 prend la défense d'un arbitrage si la question conjugale reste non résolue :

« Si vous craignez le désaccord entre les deux [époux], envoyez alors un arbitre de sa famille à lui, et un arbitre de sa famille à elle. Si les deux veulent la réconciliation, Allah rétablira l'entente entre eux. Allah est certes, Omniscient et Parfaitement Connaisseur ». (4:35)

Ainsi, les versets 4:34 et 4:35 (le passage 4:34/35) lus ensemble énoncent non seulement le rôle de l'homme et de la femme dans le mariage, mais aussi les mesures persuasives et moralement affirmées mais non coercitives à prendre en compte si une femme continue à faire preuve d'infidélité conjugale.

ii) Le verset 9:71 de la phase finale de l'Apocalypse décrit les hommes et les femmes comme gardiens (awliya') l'un de l'autre. Cela étant, ce n'est pas au Coran de donner une autorité supérieure aux hommes sur les questions conjugales.

« Les croyants et les croyantes sont alliés les uns des autres. Ils commandent le convenable, interdisent le blâmable accomplissent la prière, acquittent la Zakât et obéissent à Allah et à Son messager. Voilà ceux auxquels Allah fera miséricorde, car Allah est Puissant et Sage ». (9:71)

iii) Il autorise une femme (épouse), à avoir un revenu indépendant et par conséquent, ne l'exclut pas du rôle de qawwamah (responsabilité à égalité avec l'homme) au sein de la famille :

« Ne convoitez pas ce qu'Allah a attribué aux uns d'entre vous plus qu'aux autres; aux hommes la part qu'ils ont acquise, et aux femmes la part qu'elles ont acquise. Demandez à Allah de Sa grâce. Car Allah, certes, est Omniscient ». (4:32)

iv) Il permet à une femme de prendre des mesures similaires contre un homme dont elle craint l'adultère ou la désertion :

« Et si une femme craint de son mari abandon ou indifférence, alors ce n'est pas un péché pour les deux s'ils se réconcilient par un compromis quelconque, et la réconciliation est meilleure, puisque les âmes sont portées à la ladrerie. Mais si vous agissez en bien et vous êtes pieux... Allah est, certes, Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites ». (4:128)

 v) Il vénère la femme et non l'homme comme agent dans le processus de procréation après Dieu :

« O hommes! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d'un seul être, et a créé de celui-ci son épouse, et qui de ces deux là a fait répandre (sur la terre) beaucoup d'hommes et de femmes. Craignez Allah au nom duquel vous vous implorez les uns les autres, et craignez de rompre les liens du sang. Certes Allah vous observe parfaitement ». (4:1)

Note : Dieu commence le processus de création avec une goutte (35:11, 40:67, 53:46, 75:37, 76:2, 80:19), mais celui-ci se tient dans un lieu de repos garanti à l'intérieur de trois couches de ténèbres (23:13), c'est-à-dire dans l'utérus de la femme. 2:229

Lecture nouvelle comme présentée dans le livre auquel il est fait référence [4] :

«  Et les femmes divorcées doivent observer un délai d'attente de trois menstrues; et il ne leur est pas permis de taire ce qu'Allah a créé dans leurs ventres, si elles croient en Allah et au Jour dernier. Et leurs époux auront le devoir (ahaqqu) de les reprendre pendant cette période, s'ils veulent la réconciliation. Quant à elles, elles ont des droits équivalents à leurs obligations, conformément à la bienséance. Mais les hommes ont cependant une obligation supplémentaire vis-à-vis d'elles. Et Allah est Puissant et Sage ». (2:228)

Traditionnellement, les commentateurs traduisent le mot « ahaqqu » par « droit », plutôt qu'« obligation » et offrent l'interprétation typique suivante pour la partie soulignée du verset (cité par Yusuf Ali) :

« (...) Et leurs époux seront plus en droit (ahaqqu) de les reprendre pendant cette période, s'ils veulent la réconciliation. Et les femmes ont des droits similaires aux droits à leur égard, selon ce qui est équitable, mais les hommes ont un degré (de profit) sur elles. Et Dieu est Puissant et Sage ».

L'interprétation traditionnelle est patriarcale. Elle accorde aux hommes un degré plus élevé de droit ou d'avantage par rapport aux femmes. Si nous vivions il y a plus d'une centaine d'années, personne ne douterait de cela - puisque les femmes ont ensuite été soumises à une bien plus grande domination masculine à l'extérieur du monde islamique qu'à l'intérieur - comme discuté au sujet du verset 4:34 dessus. Aujourd'hui, la notion universelle coranique d'égalité entre les sexes (4:1, 4:32, 9:71) imprègne la société humaine mondiale, excepté dans le monde islamique. Ainsi, la lecture nouvelle faite ci-dessus est beaucoup plus défendable que la lecture traditionnelle. Ceci n'est pas une façade puisque cela est porté par les préceptes et illustrations coraniques suivants :

i) Le verset 4:34 ordonne à l'homme d'être favorable à sa femme, et le verset 9:71 lui confie sa tutelle à titre réciproque, donc si une femme porte son enfant, il devrait être du devoir de son mari (ahaqqu) de privilégier la réconciliation et de la reprendre.

ii) Le verset 2:233 ordonne à l'homme de supporter les frais de son épouse divorcée et de l'enfant qu'elle porte, après le divorce, pendant la période d'allaitement de deux ans. Par conséquent, il devrait également être de sa responsabilité ou obligation de fournir le soutien affectif nécessaire à la mère au cours de cette période, ce qu'il réussira le mieux en conservant les liens du mariage.

iii) Comme le verset se rapporte à un divorce initié par un homme, il a pleinement le droit de reprendre sa femme quel que soit son état de grossesse et le Coran n'a pas besoin de le préciser.

iv) Comme un « droit » personnel donne à la 'reprise' d'une femme enceinte en préavis de divorce un caractère optionnel, il pourrait refuser puisque jouant contre lui et soulageant sa femme séparée. Mais si c'est un devoir, il devient impératif pour le mari d'accueillir son ex-femme.

C'est la raison pour laquelle le verbe « ahaqqu » dans le verset 2:229 devrait être interprété comme un « devoir », et non pas comme un « droit ». Le Coran propose des cas d'utilisation de ce verbe dans des devoirs évoqués dans les versets 2:180, 2:236, 2:241, et rendus par Yusuf Ali comme suit :

« On vous a prescrit, quand la mort est proche de l'un de vous et s'il laisse des biens, de faire un testament en règle en faveur de ses père et mère et de ses plus proches. C'est un devoir (haqqan) pour les pieux ». (2:180)

« Vous ne faites point de péché en divorçant d'avec des épouses que vous n'avez pas touchées, et à qui vous n'avez pas fixé leur mahr. Donnez-leur toutefois - l'homme aisé selon sa capacité, l'indigent selon sa capacité - quelque bien convenable dont elles puissent jouir. C'est un devoir (haqqan) pour les bienfaisants ». (2:236)

« Les divorcées ont droit à la jouissance d'une allocation convenable, [constituant] un devoir (haqqan) pour les pieux ». (2:241)

Conclusion : Compte tenu d'un changement radical dans la dynamique des sexes aux cours des derniers temps, il est grandement nécessaire de traduire/interpréter les versets 4:34 et 2:229 en ligne avec le message universel du Coran tels que capturé dans les lectures nouvelles. Si les oulémas musulmans ne parviennent pas à le faire, et à appliquer le même principe à d'autres versets liés au sexe, ce qui était beau dans l'Islam jusqu'à une époque récente – c'-est-à-dire il y a une centaine d'années, va devenir laid dans l'ère moderne et les femmes musulmanes feront face à beaucoup plus de difficultés dans la vie conjugale que leurs homologues non-musulmanes et l'Islam sera condamné comme une foi misogyne à l'instar de la manière dont il est déjà étiqueté. Il n'est pas étonnant qu'Allama Iqbal s'écria - le gay taslis kay Farzand miraase Khalil - khashte buniyade kalisa chignon gaee khake Hijaz. (Taswire dard, Bange dara).

Remarques:

1. Une illustration de la façon dont les femmes étaient traitées dans les grandes civilisations du monde pré-islamique à travers les âges médiévaux : Les Zoroastriens (Perses) mettaient leurs femmes en détention, gardées par des eunuques. Les Grecs ont suivi leur exemple et gardaient leurs femmes dans le gynécée, souvent sous clé. Les hindous brûlaient leurs veuves vivantes sur les bûchers funéraires des organes de leur mari - une pratique qui s'est poursuivie jusqu'à il y a peu. Les Chinois liaient les pieds de leurs femmes dans des chaussures de fer comme une norme culturelle, de toute évidence, de manière à restreindre leur mouvement. L'Église chrétienne plaçait ses femmes sous la domination totale des hommes (La Bible, Genèse 3.16). Les citoyens de sexe masculin romains pouvaient tuer leurs femmes en vertu la loi, s'ils les prenaient en délit d'adultère.

2. Abul Kalam Azad, Tarjuman al-Qur'an 1931, réimpression New Delhi 1989 Vol.1. p. 43.

3. Ahmad Von Denffer, Ulum al-Qur'an, la Fondation islamique, UK 1983, p. 126.

4. Muhammad Yunus et Ashfaque Ullah Syed, message essentiel de l'islam, Amana Publications, Maryland 2009

5. A. Yusuf Ali, Le Saint Coran, Amana Corp Maryland, 1983.

6. Un homme dans la situation donnée aimerait convaincre son épouse de demander le divorce ainsi qu'une indemnisation alors qu'une femme serait tentée d'obtenir de son mari de divorcer afin qu'elle puisse le quitter avec tous les cadeaux qu'il aurait pu lui donner en plus de réclamer la dot de mariage.

26.10.2011

Muhammad Yunus, qui est diplômé en génie chimique de l'Indian Institute of Technology et cadre à la retraite, s'est engagé dans une étude approfondie du Coran depuis le début des années 90, en se concentrant sur l'essence de son message. Il est co-auteur des travaux exégétiques mentionnés, qui ont reçu l'approbation d'al-Azhar al-Sharif, au Caire en 2002 suite à leur restructuration et affinage. Ils ont été approuvés et authentifiés par le Dr Khaled Abou El Fadl de l'UCLA, et publiés par Amana Publications, Maryland, USA, 2009.

URL of English Article: http://www.newageislam.com/islam,-women-and-feminism/notions-of-male-superiority,-domination-and-beating-of-wife-stand-un-islamic-today-/d/5780

 URL: http://www.newageislam.com/french-section/muhammad-yunus,-new-age-islam/les-notions-de-supériorité-masculine,-de-domination-et-le-fait-de-battre-son-epouse-sont-de-nos-jours-anti-islamiques/d/24384

 




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