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French Section ( 2 Nov 2013, NewAgeIslam.Com)

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‪La Flagellation des Femmes pour Relations Sexuelles Hors Mariage Est Aujourd'hui Brutale et Anti-Islamique

 

 

 

De Muhammad Yunus, New Age Islam

‪16 Novembre, 2011

(Co-Auteur), Message Essentiel de l'Islam, Amana Publications, USA, 2009.

Dans un passé guère lointain, on infligeait aux femmes du monde occidental des peines barbares au moindre soupçon d'adultère. Prise dans leur lit avec un étranger, le mari pouvait légalement la tuer. Soupçonnée de comportement adultère, elle pouvait être brûlée vive sur le lieu ou tuée par d'autres méthodes inhumaines facilement accessibles sur internet [1] et ceci est assez bien connu et répugnant au point de ne mériter aucune élaboration. Le sort des femmes d'autres civilisations majeures n'était pas plus positif. Aujourd'hui, alors que les idéaux coraniques de pardon, de miséricorde et de tribulations matrimoniales [2] ont imprégné la société humaine mondiale, le monde a largement abjuré ses méthodes de torture et d'exécution des femmes et a adopté des méthodes plus douces de châtiment. Certains centres de l'Islam cependant s'attachent encore à appliquer un châtiment exemplaire lié à un contexte spécifique (la flagellation en public) qui était loin d'être sévère pour son époque, mais qui se distingue dans le monde d'aujourd'hui comme une pratique excessive et barbare en comparaison avec les protocoles actuels de punition. La cruauté et la torture des femmes ont donc changé de camp. Sur cette base, nous sondons le Coran pour un nouvel éclairage.

Le Coran prescrit la flagellation pour « adultère public » ou « Zina » - une mesure qui permettait aux femmes mariées de cohabiter avec des étrangers quand leurs maris étaient loin des maisons pour des raisons de commerce, de raids ou d'autres missions (24:2). Ceci créa une controverse dans l'établissement des lignes paternelles qui étaient décidées en comparant les regards et caractéristiques de l'enfant né hors mariage avec ses pères probables, réunis à cette fin [3]. Cette pratique, établie comme une norme sociale, a absous les hommes de toutes leurs responsabilités sociales et financières à l'égard des femmes qu'ils épousaient ou avec qui ils cohabitaient ainsi que leur progéniture. Cette norme a aussi forcé les femmes à l'adultère pour raison de commerce de leur mari, et laissé des enfants nés de ces unions à la merci de la société. Elle était donc en flagrante contradiction avec les lois coraniques de la famille qui ont été conçues pour i) que les hommes se défassent de leur licence sexuelle, financière et sociale, ii) supprimer l'adultère institutionnalisé, iii) investir les femmes de droits juridiques, financiers, de succession et personnels et iv) offrir une protection financière aux femmes dans leur phase de procréation. Le Coran a donc dû arrêter cette pratique scandaleuse de manière urgente pour laquelle il utilise un terme spécifique appelé « Zina » (25:68, 17:32) ainsi que le terme générique de « fahishah » (4:15). En conséquence, le Coran demande au Prophète à ce que les femmes croyantes prêtent serment de s'abstenir, entre autres, de pratiquer les vices habituels tels que l'infanticide et le vol, « Zina » (60:12). 

« O Prophète! Quand les croyantes viennent te prêter serment d'allégeance, [et en jurent] qu'elles n'associeront rien à Allah, qu'elles ne voleront pas, qu'elles ne se livreront pas à l'adultère, qu'elles ne tueront pas leurs propres enfants, qu'elles ne commettront aucune infamie ni avec leurs mains ni avec leurs pieds et qu'elles ne désobéiront pas en ce qui est convenable, alors reçois leur serment d'allégeance, et implore d'Allah le pardon pour elles. Allah est certes, Pardonneur et Très Miséricordieux ». (60:12)

Le Coran commence avec la peine provisoire de la maison de confinement jusqu'à la mort (4.15), sous réserve du témoignage de quatre personnes (4:15) :

« Celles de vos femmes qui forniquent (fahishah), faites témoigner à leur encontre quatre d'entre vous. S'ils témoignent, alors confinez ces femmes dans vos maisons jusqu'à ce que la mort les rappelle ou qu'Allah décrète un autre ordre à leur égard ». (4:15)

Le Coran énonce ensuite la punition courante de flagellation pour les deux partenaires de « Zina » (adultère public)

« La fornicatrice (zaniyah) et le fornicateur (zani), fouettez-les chacun de cent coups de fouet. Et ne soyez point pris de pitié pour eux dans l'exécution de la loi d'Allah - si vous croyez en Allah et au Jour dernier. Et qu'un groupe de croyants assiste à leur punition. (24:2) Le fornicateur (zani) n'épousera qu'une fornicatrice (zaniyah) ou une associatrice. Et la fornicatrice ne sera épousée que par un fornicateur ou un associateur; et cela a été interdit aux croyants ». (24:3)

Pour éviter toute fausse accusation d'une femme chaste, le faux témoignage est déclaré délit punissable (24:5).

« Et ceux qui lancent des accusations contre des femmes chastes sans produire par la suite quatre témoins, fouettez-les de quatre-vingts coups de fouet, et n'acceptez plus jamais leur témoignage. Et ceux-là sont les pervers, (24:4) à l'exception de ceux qui, après cela, se repentent et se réforment, car Allah est Pardonneur et Miséricordieux ». (24:5)

Toutefois, si le mari était le seul témoin à l'indulgence adultère de sa femme, sa femme ne pouvait pas éviter la punition en prêtant serment à plusieurs reprises (24:6-9).

« Et quant à ceux qui lancent des accusations contre leurs propres épouses, sans avoir d'autres témoins qu'eux-mêmes, le témoignage de l'un d'eux doit être une quadruple attestation par Allah qu'il est du nombre des véridiques,(24:6)et la cinquième [attestation] est «que la malédiction d'Allah tombe sur lui s'il est du nombre des menteurs» (24:7) Et on ne lui infligera pas le châtiment [de la lapidation] si elle atteste quatre fois par Allah qu'il [son mari] est certainement du nombre des menteurs, (24:8) et la cinquième [attestation] est que la colère d'Allah soit sur elle, s'il était du nombre des véridiques ». (24:9)

Comme ce verset a apparemment donné aux femmes le droit de commettre l'adultère sans laisser de trace, le Coran introduisit un régime de « correction » en trois étapes, qui devait être suivi par un arbitrage (4:34 / 35) - un homme soupçonnant sa femme de comportement adultère (nushuz) doit la conseiller, temporairement fuir son lit et s'affirmer vis-à-vis d'elle, faute de quoi il doit impliquer la communauté et procéder au divorce (4:34 / 35).

« Les hommes sont responsables (qawwamah) des femmes, en raison des faveurs (ba'dahum ‘ala ba'din) qu'Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu'ils font de leurs biens. Les femmes vertueuses sont obéissantes (qanitatun) (à leurs maris), et protègent ce qui doit être protégé, pendant l'absence de leurs époux, avec la protection d'Allah. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance (nushuz), exhortez-les, éloignez-vous d'elles dans leurs lits et affirmez vous (wadribu) vis-à-vis d'elles. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est certes, Haut et Grand! (4:34) Si vous craignez le désaccord entre les deux [époux], envoyez alors un arbitre de sa famille à lui, et un arbitre de sa famille à elle. Si les deux veulent la réconciliation, Allah rétablira l'entente entre eux. Allah est certes, Omniscient et Parfaitement Connaisseur ». (04:35)

Si, toutefois, un homme décide d'accuser sa femme d'adultère, il doit apporter quatre témoins oculaires (4:15), ce qui est impossible à trouver à peu près dans tous les cas - étant donné le secret qui va avec l'adultère. Mettre en place de faux témoins, d'autre part, donnerait lieu à une sanction sévère pour faux témoignage (24:4 ci-dessus). Donc, la meilleure chose qu'un homme pourrait peut-être faire, c'est de divorcer, ou de créer une situation de manière à ce qu'elle demande le divorce. Par conséquent, au cours de la révélation, la mesure d'urgence (flagellation publique) qui a été prescrite pour mettre un frein complet aux pratiques adultères ouvertement répandues (zina) a été transformée en conseil et protocole d'arbitrage pour l'adultère secret coutumier (nushuz, 4: 34).

Est-ce que la flagellation est éternellement décrétée comme une méthode de punition ?

La flagellation comme instrument de punition s'est appuyé sur le code prépondérant. Le Coran ne précise ni l'outil de flagellation (canne ou fouet), ni la méthode physique et le membre du corps qui doit subir la flagellation, ni son niveau de gravité. Il s'ensuit donc que « la flagellation », comme mentionné dans le Coran, (24:2) symbolise « une punition » - comme c'était la seule façon d'infliger la peine à l'époque en dehors de la lapidation à mort. Compte tenu de la nature dynamique de la loi divine (shir'ah wa Minhaj, 5:48), les humains peuvent modifier son mode - comme ils l'ont fait pour de nombreux principes existentiels du Coran, ainsi qu'illustré dans un rapport précédent [2].

Par conséquent, considérer la nature de la punition (flagellation) de manière isolée - sans tenir compte d'autres versets coraniques conciliants (4:34 / 35, 24:8 / 9) et hors de son contexte historique - comme dure ou draconienne est trompeuse. Le Coran n'a pas été envoyé sur terre pour punir l'humanité, mais pour délivrer l'humanité - en particulier les femmes et les classes opprimées - « leur ôte le fardeau et les jougs qui étaient sur eux » (7:157), et la réalisation de ces nobles objectifs a inévitablement entraîné des mesures dures à court terme, comme il est inévitable d'atteindre n'importe quel changement soudain dans un ordre social bien établi.

Conclusion : Il ne fait aucun doute que le châtiment de la lapidation à mort pour adultère n'est pas prescrit par ou dérivé du Coran. Le Coran prescrit la flagellation pour zina - adultère public institutionnalisé comme une mesure d'urgence, comme la coutume a barré la route aux lois coraniques sur la famille. Il permet cependant à une femme pratiquant l'adultère (nushuz) sans abandonner les témoins d'éviter la punition en faisant simplement serment d'innocence (24:8/9). Dans le même ordre d'idées, une femme non-mariée portant un enfant peut être exemptée de cette peine en affirmant à plusieurs reprises (sous serment) qu'elle a été trahie par un homme qui avait promis de l'épouser, comme c'est habituellement le cas, ou qu'elle a été maltraitée ou agressée sexuellement, alors que l'homme qui l'a fécondée devrait être passible de sanctions selon la gravité de son infraction sexuelle – que ce soit le viol ou l'abus de confiance – dans le premier cas la profanation de ce que Dieu vénère (4:1) et les décrets à garder (4:34), et dans le second cas, une violation de l'alliance de Dieu (2:177, 6:152, 23:08, 70:32). Les juristes musulmans doivent agir et créer une Charia moderne en ligne avec les paradigmes coraniques - la Charia divine telle qu'elle est exposée dans le présent document. 

En somme, l'application littérale de la loi d'urgence spécifique au contexte (la flagellation en public, les femmes principalement en portant son poids) adaptée aux réalités pré-islamiques d'Arabie du septième siècle pour tous les temps et tous les lieux transforme le spécifique en générique, ne tient pas compte du mandat coranique sur le dynamisme législatif, fait de l'ombre à son esprit de miséricorde et de compassion, dilue sa profonde préoccupation pour les femmes, assèche la beauté et la noblesse de l'Islam et est donc aujourd'hui brutale et anti-islamique.

[1]. www.medievalwarfare.info / torture.htm

- www.middle-ages.org.uk/burned-at-the-stake.htm

  www.elizabethan-era.org.uk/elizabethan-crime-and-punishment.htm

[2]. Une mère porte un enfant avec "sort après sort de faiblesse" (31:4), "elle le porte avec difficulté et lui donne naissance dans la douleur" (46:15).

[3]. Muhammad Husayn Haykal, la vie de Mahomet, traduction anglaise par Ismail Ragi, 8e édition, Karachi, 1989, p. 319

Muhammad Yunus, qui est diplômé en génie chimique de l'Indian Institute of Technology et cadre à la retraite, s'est engagé dans une étude approfondie du Coran depuis le début des années 90, en se concentrant sur l'essence de son message. Il est co-auteur des travaux exégétiques mentionnés, qui ont reçu l'approbation d'al-Azhar al-Sharif, au Caire en 2002 suite à leur restructuration et affinage. Ils ont été approuvés et authentifiés par le Dr Khaled Abou El Fadl de l'UCLA, et publiés par Amana Publications, Maryland, USA, 2009.

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