Madame la Présidente,
Le troisième rapport annuel de la Représentante Spéciale du Secrétaire Général sur la Violence à l’encontre des Enfants (soumis au Conseil le 13 janvier 2012, conformément à la résolution de l’Assemblée Générale 65/197), enjoint aux Etats membres de renouveler leur engagement d’intensifier leurs efforts envers la protection et la promotion des droits de l’enfant.
Malgré tout, de nombreux Etats, en particulier dans les pays à majorité musulmane, tout en prétendant vaguement de respecter ces engagements, ne suivent pas les recommandations de la communauté mondiale. L’éducation donnée à des millions d’enfants musulmans à travers le monde au sein des madrasas, par exemple, en est une illustration.
Les deux déclarations émanant des pays arabes inclues dans le rapport*, celle de Marrakech (2010) et celle du Caire (2009), sont pleines de résolutions grandiloquentes sur la protection des droits de l’enfant. Mais ce sont les riches pays arabes qui financent les dizaines de milliers de madrasas en fonctionnement dans le monde musulman. Telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui, l’éducation des madrasas est une violation patente des droits de l’enfant à l’égalité, à la dignité et à une éducation de qualité. Avec les financements, les pays arabes enrichis par les pétrodollars fournissent également les programmes et les manuels de ces madrasas. Cet enseignement fournit les notions de base dans une perspective religieuse extrémiste qui empêche ces enfants d’interagir avec d’autres communautés, y compris avec d’autres communautés musulmanes, et leur retire ce faisant toute possibilité de mener une vie normale.
La plupart des enfants admis dans ces écoles religieuses islamiques viennent des plus pauvres des familles pauvres. Ils sont arrachés à leur environnement naturel où ils auraient appris les compétences nécessaires à la survie d’un adulte dans le monde du travail. Dans les madrasas, ils subissent un lavage de cerveau aux mains de Mullahs qui savent à peine lire et écrire et une fois qu’ils ne sont plus utiles pour attirer les fonds arabes destinés à l’éducation dans les madrasas, ils sont littéralement jetés à la rue sans aucun moyen de subsistance ou compétence pour survivre. Les musulmans de la haute société ou de la classe moyenne n’envoient pas leurs enfants dans les madrasas car ils n’ignorent pas que la seule carrière envisageable pour ces enfants est celle d’imam faiblement payé ou de muezzin dans une mosquée de village. Dans certains pays en revanche, comme le Pakistan, il existe également une autre option. Ils peuvent devenir des bombes humaines suicidaires, apportant ainsi une prospérité de courte durée à leur pauvre famille, mais perdant par la même occasion leur propre vie en tuant un grand nombre d’innocents, des femmes et des enfants d’autres confessions ou d’autres communautés islamiques.
Ceux qui sont issus des madrasas sont devenus des proies faciles pour les terroristes parce qu’ils ont reçus une éducation qui n’accorde aucune valeur à la vie en ce monde non plus qu’elle ne leur enseigne le respect des autres religions et des autres civilisations. En effet, elle leur apprend à considérer chaque verset du Saint Coran comme d’une portée universelle, bien que le Coran soit une compilation de versets spécifiques à un certain nombre de situations, nombre d’entre eux ne fournissant d’instructions que pour ces seules situations.
Cependant, nulle part dans le monde le programme éducatif des madrasas n’apprend aux étudiants à distinguer entre les versets de portée universelle et ceux de portée transitoire, comme ceux qui furent formés durant les guerres défensives que le Prophète Mahomet dû mener. Le fort message coranique de la coexistence plurielle ne leur est pas non plus relayé dans son véritable esprit.
En conséquence, je voudrais prier ce Conseil de trouver un moyen d’obliger les pays à tenir les promesses et à honorer les déclarations pieuses qu’ils firent dans le but d’apparaître comme des membres à part entière du comité des nations. Le Conseil devrait également rappeler l’objectif « Dialogue entre les civilisations » de la Déclaration de Durban, au travers de l’éducation pour tous sans aucune forme de discrimination. Une éducation de qualité donnée à tous les étudiants dans les sociétés musulmanes ouvrirait la voie à la fois à la paix et à la prospérité dans le monde.
Nul ne peut être en désaccord avec la conclusion du troisième rapport annuel de la Représentante Spéciale du Secrétaire Général sur la violence à l’encontre des enfants, qui indique qu’ « un engagement renouvelé de tous les acteurs est nécessaire pour donner vie à la vision d’un monde où les enfants peuvent être des enfants et vivre, jouer, apprendre et développer leur plein potentiel en toute sécurité, ainsi que profiter pleinement de chaque occasion ». Il est temps que la communauté mondiale trouve un moyen de convaincre les monarchies et les républiques islamiques et les pays à majorité musulmane que leurs promesses doivent être tenues et que les droits de l’enfant doivent être respectés. S’ils ne prêtent pas attention aux engagements internationaux qu’ils se sont engagés à respecter, ils devraient au moins écouter le fort contenu en faveur des Droits de l’Homme des versets Coraniques. L’Islam place l’Hugooqul Ibaad (droits que toute créature de Dieu a sur nous, et nos devoirs correspondants envers elle) au-dessus même du Huqooguqul Allah (droits d’Allah sur nous et nos devoirs correspondants).
*Le rapport de la Représentante Spéciale inclue une annexe intitulée : Engagements politiques par des organisations et institutions régionales pour prévenir et résoudre la question de la violence à l’encontre des enfants dans le cadre du processus de suivi de l’application des recommandations de l’Etude des Nations-Unies sur la Violence à l’encontre des Enfants. Celle-ci présente deux déclarations des pays arabes.
*1. Déclaration de Marrakech, adoptée par le Quatrième Congrès Arabe de Haut Niveau des Droits de l’Enfant en décembre 2010
2. Déclaration du Caire sur la Convention relative aux Droits de l’Enfant et sur la Jurisprudence Islamique, novembre 2009.
URL de l'adresse d'origine en anglais: http://www.newageislam.com/islamic-society/“madrasa-education-is-a-clear-violation-of-the-human-rights-of-children”--sultan-shahin-asks-unhrc-to-make-muslim-countries-stick-to-their-pious-declarations/d/6814